Lundi 23 mars 2009
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16:13
Ce
lundi 16 mars, je me réveille à 5h –
allez, disons 05:00AM à l’américaine – pas tellement fatigué et surtout curieux de partir. Arrivé à l’aéroport, je prends le CDGval, petit
« métro-comme-celui-de-la-ligne-14 », d’abord dans le mauvais sens, puis dans le bon, afin de rejoindre le terminal 1 (comme dirait Gad Elmaleh…) L’enregistrement est rapide et je rejoins
la salle d’internement, euh pardon d’embarquement en passant par des couloirs assez futuristes – très chouettes ! Arrivé à Düsseldorf, je prends ma correspondance pour Newark. J’attends face à
la porte mentionnée sur mon billet et lorsque je vois tous les passagers s’avancer, je suis le mouvement. On me refoule, me disant que ce vol est pour Miami, qu’il y a eu un changement. Evidemment,
les écrans au-dessus des portes ne sont pas allumés. On se demande à quoi ils servent… Ah, si c’était Air France… ;) lol of course. Je me dirige donc vers la porte que le personnel
m’indique et là on me confirme que je suis au bon endroit. Je m’installerais presque avec la bonne conscience du devoir accompli mais mes sens restent en
éveil. Assez rapidement, l’embarquement commence, pour… Miami ! Je retourne donc à ma porte première, initiale, intiatique n’ayons pas peur des mots, ma
porte-mère en quelque sorte où se fait tranquillement l’embarquement vers Newark, comme ça, sans moi, en douce… les
petits salauds. Drapé de probité candide et de lin blanc, mais surtout de ma fierté française (Ah, Air France… lol 2), je demande (gentiment car en fait je ne suis pas si rempli de fierté
que cela) ce qui se passe. C’était une erreur de leur part, et l’on m’embarque… enfin, je m’embarque ! Me voilà donc dans l’avion, je suis tout
excité, bien que je sois seul et que je ne le manifeste pas extérieurement. J’ai un bon souvenir de New York alors que je ne l’avais pas visitée dans de bonnes conditions, alors imaginez, là, dans
ces conditions, seul à New York, libre de faire mon programme. Je vais donc savourer, goûter avec émerveillement chaque seconde de ce voyage. Je veux cette
fois voyager différemment. Différemment de d’habitude. Quand j’ai dû prévoir un plan B – au cas où mon point de chute dans NY se dérobe – j’ai découvert le site couchsurfing et je me suis
pris au jeu. Je trouve cela tellement plus intéressant de rencontrer des gens et à travers eux découvir une culture, un différent « way of life »
plutôt que de s’en tenir aux monuments du guide touristique. Je veux vivre à l’heure new-yorkaise et non voir un building de plus ou de moins. Moi qui ai longtemps été adepte du rendement jours
passés/musées visités, je veux désormais prendre le temps de marcher lentement et de m’imprégner des lieux. Et tant pis si je ne vois pas tout ! Abandonnons le trop sientifique souci
d’exhaustivité – to exhaust, ca veut dire épuiser, non ? C’est donc horrible d’épuiser, de finir, d’avoir « fait New York en quatre jours cet été », comme disent les
gens. Une fois arrivé, je me pose quelques instants avant de partir me balader en direction de Times Square.
Je trouve l’endroit toujours aussi fascinant et aime le Theatre District avec toutes ces couleurs et ces slogans qui se veulent attractifs. Je prends d’ailleurs la
décision de photographier tous les théâtres de la ville… Puis je prends le métro en direction du Metropolitan Opera, afin de repérer le guichet pour les places de dernière minute vendues le
lendemain matin. Je vois le public arriver pour le spectacle de ce soir, très chic – enfin non, pas très chic mais très m’as-tu-vu. Des fourrures, des costumes mais le tout mal porté. Vu un
costume plus une casquette du style casquette publicitaire… Enfin, les infos glanées, je peux rentrer.
les fameux théâtres de Broadway, où se jouent les "musicals"
Le Metropolitan Opera, au Lincoln Center
Par Nicolas
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Jeudi 5 mars 2009
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17:18
Hier, en sortant de cours, nous entendons une clameur dans la rue Saint-Jacques : est-ce la guerre ? Non, c'est une fanfarre qui remonte la rue. Et, postée tout
autour de la Sorbonne, une chaîne humaine, pour protéger symboliquement l'université. Une jolie idée...
Par Nicolas
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Mercredi 4 mars 2009
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12:52
Mais pourquoi sommes-nous si romantiques ? Ahhhh, soupir...
Par Nicolas
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Mardi 3 mars 2009
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10:44
Hier, j'étais à la laverie. Le mur qui donne sur la rue est une grande baie vitrée, comme dans la plupart des laveries. En attendant la fin de ma machine, je me suis
assis sur un ban, dos à la baie vitrée et face à ma machine dont je guettais l'arrêt. Le soleil était donc dans mon dos et les lettres collées sur la vitre ("LAVERIE LIBRE SERVICE") formaient une
ombre sur les machines.
Cette ombre se faisait plus nette ou plus floue selon que le soleil brillait ou se cachait derrière un nuage. Le mouvement de la netteté jusqu'à l'effacement total était très lent et doux, beau à
voir. Il aurait fallu une caméra pour rendre cet effet. Comme quoi, même dans une laverie, lieu en soi assez glauque, on peut voir de la beauté !
Par Nicolas
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Lundi 2 mars 2009
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12:55
"Ahhh Cyrano que c'est beau !"... aurait pu dire
Madame Michu dans le foyer de la Comédie-Française. Une Madame Michu qui fut sans doute à la fête hier soir. Pensez donc, Cyrano ! Mais pas n'importe lequel voyons, pas avec ces stupides
dictions intelligibles ni ces ridicules mises en scène qui émeuvent, non rien de tout cela, mais un bon vrai Cyrano, avec de l'action et de la pétarade, du glamour et des paillettes. Ouf
!
C'est le Cyrano de Podalydès. Qui ne respecte pas le texte (début refondu en un hommage aux sociétaires honoraires, pourquoi pas...), ni la lettre ("Enfin, je l'aime. Il faut d'ailleurs
que je vous die /
Que je ne l'ai jamais vu qu'a la Comedie" devenant "que je vous dise"), ni l'esprit (le drame devient une farce potache). Podalydès mélange les époques (subtil moyen de parler de l'intemporalité de
Cyrano ? du jamais vu...) XVI° et Belle Epoque sous couvert de montrer la représentation en train de se faire. C'est du moins ce que semble montrer le premier acte : des comédiens début
XX° montent Cyrano (XIX°) dans lequel on voit Montfleury (XVII°). Mais une figure de style n'a d'intérêt que si elle sous-tend un discours. Une mise en abyme ? pourquoi pas, mais il
fallait tenir le parti jusqu'au bout. Et le fil conducteur se délite rapidement, la naissance de l'amour de Roxane et Christian se faisant platement au milieu de machinistes "bonhomme". Et puis
Cyrano comme allégorie du théâtre ? On a fait mieux... L'Illusion comique certes, mais pas Cyrano...
Ce sont les poètes qui viennent piller la pâtisserie de Ragueneau et qui parlent la bouche pleine. C'est pourtant Ragueneau que l'on ne comprend pas, ou au mieux un mot sur deux. Le reste de la
distribution est à l'avenant, tous parfaitement oubliables. Léonie Simaga est consternante en Roxane. A part le timbre, joli, rien ne va. Outre qu'elle n'a pas le physique du rôle, elle n'a de
Roxane ni la grâce, ni l'esprit. La précieuse n'est pas une greluche, il faut arrêter de penser cela ! Ce sont les précieuses qui ont affiné la langue, poli les moeurs et l'aristocratie, promu un
idéal de raffinement, encouragé et protégé les poètes. Sa précieuse est une Barbie. Si elle fait encore illusion dans la belle robe de Christian Lacroix à son apparition, elle ne ressemble plus à
rien [si ! à Jennifer Lopez !] dans sa combinaison d'aviateur sur le champ de bataille. Et que dire de l'interprétation ? Où est le mélange d'égoïsme et d'amour éthéré qui la rend excusable lorsque
Roxane dit à Cyrano qu'il lui racontera sa bataille une autre fois, bataille dont elle n'a désormais que faire ? Savoir crier ne fait pas les héroïnes, le glissement progressif de l'amour précieux
à l'amour vrai passe inaperçu, de même que la découverte de l'auteur des lettres de Christian. "Comme vous la lisez sa lettre" est débité par la voix anônante de l'enfant de CP qui lit une
comptine... Alors évoquer au début Geneviève Casile qui savait ce que port et intonations veulent dire n'était peut-être pas la meilleure des idées. Et ce n'est pas vivre dans le passé que dire
cela. On ne manque pas de bonnes "Roxane" (rôle pas insurmontable d'ailleurs !) : évoquons seulement Anne Suarez au théâtre ou même Nathalie Manfrino (certes c'est à l'opéra, mais si on laisse de
côté toute considération technique, l'interprétation du personnage est la même). Vuillermoz n'est pas mal même s'il ne renouvelle en rien l' "air de bravoure" qu'est la tirade des nez et se
complaise parfois dans une diction bougonne et peu claire. Rien d'inoubliable... Le Bret et Christian corrects, leur rôles n'en demandent pas plus. Pour rester au Français, pourquoi n'avoir pas
proposé Florence Viala ou Elsa Lepoivre en Roxane ? et l'excellent Andrzej Seweryn en Cyrano (on même Gilles David) ?
Alors bien sûr il reste des pétards et de beaux décors, on dirait une mise en scène de comédie musicale de Broadway, c'est grand spectacle, c'est héroïque, Madame Michu défaille et applaudit à tout
rompre !!
Mais où est Rostand ? Où sont la mélancolie et le panache, la grandeur dérisoire de l'éternel second ?
C'est racoleur et dégoulinant, citons ne serait-ce qu'un "effet poétique" : les gouttes de sang sont figurées par de gros confettis rouges et les feuilles mortes qu'évoque Roxane à la fin sont
aussi des confettis rouges : oh !! le clin d'oeil !! Est-ce à dire que les feuilles mortes sont des gouttes de sang ? Joliiiii ! Le champ de bataille est une sorte de Verdun, mais... tout fleuri !!
ben oui faut que ce soit zoli pour Madame Michu ! Et un avion bombarde, et il y a de la fumée dans la salle ! Mon dieu, "il y a de belles choses quand même,
hein !" On dirait du Laurent Pelly dans ses plus mauvais jours. Podalydès nous a habitués à mieux.
Salle Richelieu. La Comédie-Française. Cyrano de Bergerac, comédie héroïque en cinq actes d'Edmond Rostand. Mise en scène : Denis
Podalydès. Avec : Michel Vuillermoz, Cyrano de Bergerac ; Léonie Simaga, Roxane ; Loïc Corbery, Christian ; Christian Cloarec, de Guiche ;
Grégory Gadebois, Ragueneau ; Pierre-Louis Calixte, Le Bret... 01.03.2009.
Par Nicolas
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Publié dans : Théâtre
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