Dimanche 29 mars 2009
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Un samedi comme un autre, hier, j'allais à la boulangerie où je travaille. Mais cette fois, j'ai envie de retranscrire ici deux sensations.
La première, c'est celle d'un enfant venu acheter quelque chose, je ne sais plus quoi,
sûrement des baguettes. Il me demande ce qu'il veut et me tend sa pièce de deux euros. Elle était très chaude. Je le sers et il s'en va. Mais la chaleur de cette pièce m'évoque de nombreux
souvenirs un peu confus. Une sensation plus qu'un souvenir. Celle de cette pièce que nous donne un parent quand on est petit pour aller acheter des bonbons ou une chocolatine, celle que l'on serre,
très fort, très très fort entre nos doigts tant on a peur de la perdre ou peut-être même de se la faire prendre ! Adulte, ce n'est plus pareil, la pièce est dans le portefeuille et si on la perd,
on en a d'autres et au pire, il y a les distributeurs de billets. Enfant, on n'a pas l'habitude de porter sur soi de l'argent et cette pièce est un talisman que l'on échangera contre quelque chose
de bon, quelque chose de festif car qui ne rentre pas dans le menu du midi ou du soir, quelque chose de sucré, plus ou moins interdit, et, quand obtenu, vu comme une faveur, une récompense... Et
c'est pour cela que nous serrions si fort notre pièce entre nos doigts, et que celle de cet enfant me rappelle celles qui furent les miennes, quand, en vacances, il pouvait arriver que nous
eussions le droit d'aller seuls à la boulangerie...
La deuxième, c'est dans le métro du retour. Une femme fait la manche, puis un peu plus
tard, un homme assez âgé vient faire de la musique aussi pour faire la manche. A peine avait-il commencé à jouer qu'à l'arrêt suivant un autre homme un peu plus jeune entre dans le wagon pour faire
la manche et commence à nous haranguer : "Mesdames, messieurs..." mais s'arrête vite en voyant que la place est prise. Il traverse donc le wagon pour pouvoir changer au prochain arrêt et se trouver
tout près du wagon suivant. De là, il regarde un temps l'homme jouer, il lui fait un clin d'oeil et puis, juste avant de descendre, il va donner une pièce au musicien avant de partir faire la
manche dans le wagon suivant... Je ne sais pas pourquoi mais cette scène m'a retourné. Solidarité ? pitié pour un homme plus âgé alors que nous-mêmes n'avons pas pitié ? Etrange sensation pour moi
en tous cas...
Photo : La Charité, grand portail de Notre-Dame de Paris.
Par Nicolas
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Publié dans : Chroniques
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merci de me rappeler que si j'ai le dos explosé, il y a des familles que je fais rêver en échange :)
(et ne casse pas mon rêve en me disant que ce môme s'en fichait des baguettes car seuls les bonbons l'intéressaient)
Merci pour cette anamnèse si juste!
Tu es bénie.
(Nicolas, je bénis sur ton site ton amie Camille, c'est un grand moment)