Dimanche 29 mars 2009
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18:37
Un samedi comme un autre, hier, j'allais à la boulangerie où je travaille. Mais cette fois, j'ai envie de retranscrire ici deux sensations.
La première, c'est celle d'un enfant venu acheter quelque chose, je ne sais plus quoi,
sûrement des baguettes. Il me demande ce qu'il veut et me tend sa pièce de deux euros. Elle était très chaude. Je le sers et il s'en va. Mais la chaleur de cette pièce m'évoque de nombreux
souvenirs un peu confus. Une sensation plus qu'un souvenir. Celle de cette pièce que nous donne un parent quand on est petit pour aller acheter des bonbons ou une chocolatine, celle que l'on serre,
très fort, très très fort entre nos doigts tant on a peur de la perdre ou peut-être même de se la faire prendre ! Adulte, ce n'est plus pareil, la pièce est dans le portefeuille et si on la perd,
on en a d'autres et au pire, il y a les distributeurs de billets. Enfant, on n'a pas l'habitude de porter sur soi de l'argent et cette pièce est un talisman que l'on échangera contre quelque chose
de bon, quelque chose de festif car qui ne rentre pas dans le menu du midi ou du soir, quelque chose de sucré, plus ou moins interdit, et, quand obtenu, vu comme une faveur, une récompense... Et
c'est pour cela que nous serrions si fort notre pièce entre nos doigts, et que celle de cet enfant me rappelle celles qui furent les miennes, quand, en vacances, il pouvait arriver que nous
eussions le droit d'aller seuls à la boulangerie...
La deuxième, c'est dans le métro du retour. Une femme fait la manche, puis un peu plus
tard, un homme assez âgé vient faire de la musique aussi pour faire la manche. A peine avait-il commencé à jouer qu'à l'arrêt suivant un autre homme un peu plus jeune entre dans le wagon pour faire
la manche et commence à nous haranguer : "Mesdames, messieurs..." mais s'arrête vite en voyant que la place est prise. Il traverse donc le wagon pour pouvoir changer au prochain arrêt et se trouver
tout près du wagon suivant. De là, il regarde un temps l'homme jouer, il lui fait un clin d'oeil et puis, juste avant de descendre, il va donner une pièce au musicien avant de partir faire la
manche dans le wagon suivant... Je ne sais pas pourquoi mais cette scène m'a retourné. Solidarité ? pitié pour un homme plus âgé alors que nous-mêmes n'avons pas pitié ? Etrange sensation pour moi
en tous cas...
Photo : La Charité, grand portail de Notre-Dame de Paris.
Par Nicolas
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Mercredi 25 mars 2009
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19:05
Mardi matin, frais et dispos ou à peu près, je pars vers le Metropolitan Opera. J'arrive assez tôt, un peu avant 9h. Il n'y a qu'une demi-douzaine de personnes
devant moi. Après une heure de queue, les guichets ouvrent et j'ai rapidement ma place debout pour Rusalka. Je reste donc dans le même quartier, Upper West Side. Je demande à des
policiers sur Lincoln Square s'ils connaissent le Riverside Park, mais non et ils me renverraient bien vers Central Park. Non, moi c'est Riverside que je cherche et apparemment ce n'est pas très
connu. J'arrive dans ce parc qui longe l'Hudson River : d'un côté les buildings, de l'autre le clapotis de l'eau. Je longe un temps les quais et suis surpris par le calme environnant. Déjà
quelques écureils, comme une promesse de Central Park. Puis je me promène dans ce quartier pour voir quelques immeubles fameux, Dakota, Dorlington, Ansonia.
Je trouve cette ville incroyablement belle, des buildings anciens travaillés aux plus futuristes. Même le métro est mignon !
(photo ci-dessous) Je passe au National Museum of Natural History, le temps de m'assurer que la
dernière heure est gratuite, afin d'y revenir à « four fourty five ». Je rejoins ensuite la Columbia Avenue, très chouette car finalement plus typique que les avenues plus centrales,
bordée de nombreux petits commerces sympathiques. Je veux déjeûner à la Colombus Bakery tant vantée par le guide mais, le temps de me demander si c'est moi qui ne sait pas me repérer dans une
ville où c'est si simple (il suffit de se baser sur les intersections Xème avenue Xème rue), je dois me rendre à l'évidence, la Colombus Bakery a disparu ! Je mange donc dans l'établissement
qui la remplace et qui répond au doux nom de « Pinch », pour un prix imbattable. Cf. photo : à noter que l'énorme salade que vous voyez est une « half salad » et qu'il
existe deux tailles au-dessus...
Me voilà prêt à redescendre l'Avenue Central Park West
pour visiter Central Park... Le temps de faire trois pas et un homme m'aborde et me propose de m'aider. « Why not ? » réponds-je dans mon accent à couper au couteau et je suis
Rance qui aime faire découvrir sa ville. Il me montre tout, me propose de me prendre en photo - oui ,c'est très important pour mon ego car comme je visite seul, je n'aurais pas eu de photo de
moi ;-). En haut du Belvedere Castle nous parlons de Wagner, à Ramble où se donnent rendez-vous les amateurs d'oiseaux de Bel Canto. Nous nous
« fâchons » sur Bellini mais nous réconcilions sur Norma... Photo pour Amadis de la fontaine Bethesda et nous continuons à silloner Central Park. C'est une chance pour moi de
faire cette jolie rencontre, de pouvoir parler Américain pendant trois heures et de lui demander, en tant que noir américain, ce qu'il pense de l'élection d'Obama. Puis il me fait visiter
quelques buildings autour de Colombus Circle afin de découvir une superbe vue sur Central Park et les buildings. Il est temps pour moi de remonter vers mon musée. Je me gèle dehors en attendant
4:45 puis le visite au pas de course parce que je suis fatigué et parce que voir en quelque sorte des hommes en vitrine me déprime grave. Je rentre me reposer avant de repartir vers l'opéra voir
Rusalka avec la diva Renée Fleming, qui est ce soir magnifique...
Par Nicolas
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Lundi 23 mars 2009
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/2009
16:13
Ce
lundi 16 mars, je me réveille à 5h –
allez, disons 05:00AM à l’américaine – pas tellement fatigué et surtout curieux de partir. Arrivé à l’aéroport, je prends le CDGval, petit
« métro-comme-celui-de-la-ligne-14 », d’abord dans le mauvais sens, puis dans le bon, afin de rejoindre le terminal 1 (comme dirait Gad Elmaleh…) L’enregistrement est rapide et je rejoins
la salle d’internement, euh pardon d’embarquement en passant par des couloirs assez futuristes – très chouettes ! Arrivé à Düsseldorf, je prends ma correspondance pour Newark. J’attends face à
la porte mentionnée sur mon billet et lorsque je vois tous les passagers s’avancer, je suis le mouvement. On me refoule, me disant que ce vol est pour Miami, qu’il y a eu un changement. Evidemment,
les écrans au-dessus des portes ne sont pas allumés. On se demande à quoi ils servent… Ah, si c’était Air France… ;) lol of course. Je me dirige donc vers la porte que le personnel
m’indique et là on me confirme que je suis au bon endroit. Je m’installerais presque avec la bonne conscience du devoir accompli mais mes sens restent en
éveil. Assez rapidement, l’embarquement commence, pour… Miami ! Je retourne donc à ma porte première, initiale, intiatique n’ayons pas peur des mots, ma
porte-mère en quelque sorte où se fait tranquillement l’embarquement vers Newark, comme ça, sans moi, en douce… les
petits salauds. Drapé de probité candide et de lin blanc, mais surtout de ma fierté française (Ah, Air France… lol 2), je demande (gentiment car en fait je ne suis pas si rempli de fierté
que cela) ce qui se passe. C’était une erreur de leur part, et l’on m’embarque… enfin, je m’embarque ! Me voilà donc dans l’avion, je suis tout
excité, bien que je sois seul et que je ne le manifeste pas extérieurement. J’ai un bon souvenir de New York alors que je ne l’avais pas visitée dans de bonnes conditions, alors imaginez, là, dans
ces conditions, seul à New York, libre de faire mon programme. Je vais donc savourer, goûter avec émerveillement chaque seconde de ce voyage. Je veux cette
fois voyager différemment. Différemment de d’habitude. Quand j’ai dû prévoir un plan B – au cas où mon point de chute dans NY se dérobe – j’ai découvert le site couchsurfing et je me suis
pris au jeu. Je trouve cela tellement plus intéressant de rencontrer des gens et à travers eux découvir une culture, un différent « way of life »
plutôt que de s’en tenir aux monuments du guide touristique. Je veux vivre à l’heure new-yorkaise et non voir un building de plus ou de moins. Moi qui ai longtemps été adepte du rendement jours
passés/musées visités, je veux désormais prendre le temps de marcher lentement et de m’imprégner des lieux. Et tant pis si je ne vois pas tout ! Abandonnons le trop sientifique souci
d’exhaustivité – to exhaust, ca veut dire épuiser, non ? C’est donc horrible d’épuiser, de finir, d’avoir « fait New York en quatre jours cet été », comme disent les
gens. Une fois arrivé, je me pose quelques instants avant de partir me balader en direction de Times Square.
Je trouve l’endroit toujours aussi fascinant et aime le Theatre District avec toutes ces couleurs et ces slogans qui se veulent attractifs. Je prends d’ailleurs la
décision de photographier tous les théâtres de la ville… Puis je prends le métro en direction du Metropolitan Opera, afin de repérer le guichet pour les places de dernière minute vendues le
lendemain matin. Je vois le public arriver pour le spectacle de ce soir, très chic – enfin non, pas très chic mais très m’as-tu-vu. Des fourrures, des costumes mais le tout mal porté. Vu un
costume plus une casquette du style casquette publicitaire… Enfin, les infos glanées, je peux rentrer.
les fameux théâtres de Broadway, où se jouent les "musicals"
Le Metropolitan Opera, au Lincoln Center
Par Nicolas
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Jeudi 8 janvier 2009
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/2009
11:36
J'aime l'eau. Je suis né sous le signe des Poissons et je crois que ce n'est pas une blague. J'aime l'eau et c'est mon élément. Sur la terre nous sommes lourds.
Difficile d'échapper à la pesanteur. Regardez les ballerines, qui a dit déjà qu'elles étaient de pauvres oiseaux dénués d'ailes qui doivent, au prix d'immenses souffrances, donner l'illusion de la
grâce et de la légereté ? Alors que, dans l'eau... Tout est léger, nos corps se déplacent sans effort. Alors les nageuses artistiques, ce sont des ballerines feignasses ? ;)
Tout cela pour dire que j'aime l'eau et que je me sens bien dès qu'il y en a quelque part. Un plan d'eau embellit n'importe quel endroit. C'est pour celà que je me promène souvent sur les quais de
Seine le dimanche, c'est pour cela que j'aime passionnément Venise. Il y a à Paris un autre cours d'eau non moins charmant, le Canal Saint-Martin. C'est un endroit qui m'a toujours plu mais je
n'avais pas souvent l'occasion d'y passer jusqu'ici. [Petite remarque en passant, le "jusques ici" du français classique était quand même plus élégant, avec sa facile liaison] Mais depuis quelques
temps, je le longe assez souvent, puisqu'il est proche de mon cours de théâtre et proche de l'appart de Xavier. Voilà pourquoi l'avatar de ce blog a changé. Mardi dernier, en en revenant, j'ai pris
ces quelques photos sur le Quai de Jemmapes (il faisait -10°!)
Et le Canal gelé :
Ces photos prises avec mon portable sont d'assez mauvaise qualité, mais en voici d'autres qui ne sont pas de moi et qui illustrent des lieux où je passe désormais plus de temps...
Par Nicolas
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Lundi 29 décembre 2008
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/2008
13:24
Je me rends compte que je n'avais pas narré la fin de mes aventures aux urgences. Voici donc le récit du lendemain :
Je me pointe à la clinique à 9h, comme me l’avait demandé le médecin de la veille, et attends… Je suis cette fois passé par l’entrée principale et non le service de nuit et cette fois les lieux
me paraissent un poil plus hospitaliers – hihi, c’est le cas de le dire... – Il y a même apparemment un jardin et une chapelle c’est comme ça dans
les cliniques : ca a un petit côté « tu es dans la maison de Dieu, mon fils », mais aussi un côté « ta fin est proche, on a même la chapelle pour t’enterrer ». Je dois
voir le docteur. Une longue attente s’ensuit. J’ai le temps de voir défiler devant moi quelques personnes âgées victimes de malaises. Je dois annuler mon RDV avec mon directeur de recherche et
celui avec la conseillère en orientation, déjà reporté pour cause de blocus parental en bas de chez moi. Grmbgrmbl. Au bout d’un moment, on me dit : « Non il faut d’abord faire une
échographie avant de voir le docteur ». Dont acte. Je pense alors voir le docteur mais « non, il faut faire une prise de sang avant ». Dont acte. Mais existe-t-il au moins ce
docteur ? N’est-ce pas l’Arlésienne ? Jusqu’à finir par voir le fameux docteur, vers 12h, qui ne trouve pas et me déleste de 50 euros (après 105 d’écographie et 22,68 de prise de sang)
et me donne rendez-vous au lendemain. Fort sympathique au demeurant mais je n’aime pas beaucoup son petit air rigolard que nous traduirons approxivement par : « Petit douillet qui fait
du chiqué pour rien… » De la salle d’attente on entend les secrétaires médicales. Morceaux choisis : « Non mais il est où ce dossier, on vient de l’ouvrir hier, c’est quand même
pas possible qu’il soit déjà perdu ! » ou encore : « tu m’as piqué mon feutre et j’en ai plus maintenant ! » Minces distractions d’une matinée d’attente.
Par Nicolas
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