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La première, c'est celle d'un enfant venu acheter quelque chose, je ne sais plus quoi,
sûrement des baguettes. Il me demande ce qu'il veut et me tend sa pièce de deux euros. Elle était très chaude. Je le sers et il s'en va. Mais la chaleur de cette pièce m'évoque de nombreux
souvenirs un peu confus. Une sensation plus qu'un souvenir. Celle de cette pièce que nous donne un parent quand on est petit pour aller acheter des bonbons ou une chocolatine, celle que l'on serre,
très fort, très très fort entre nos doigts tant on a peur de la perdre ou peut-être même de se la faire prendre ! Adulte, ce n'est plus pareil, la pièce est dans le portefeuille et si on la perd,
on en a d'autres et au pire, il y a les distributeurs de billets. Enfant, on n'a pas l'habitude de porter sur soi de l'argent et cette pièce est un talisman que l'on échangera contre quelque chose
de bon, quelque chose de festif car qui ne rentre pas dans le menu du midi ou du soir, quelque chose de sucré, plus ou moins interdit, et, quand obtenu, vu comme une faveur, une récompense... Et
c'est pour cela que nous serrions si fort notre pièce entre nos doigts, et que celle de cet enfant me rappelle celles qui furent les miennes, quand, en vacances, il pouvait arriver que nous
eussions le droit d'aller seuls à la boulangerie...
La deuxième, c'est dans le métro du retour. Une femme fait la manche, puis un peu plus
tard, un homme assez âgé vient faire de la musique aussi pour faire la manche. A peine avait-il commencé à jouer qu'à l'arrêt suivant un autre homme un peu plus jeune entre dans le wagon pour faire
la manche et commence à nous haranguer : "Mesdames, messieurs..." mais s'arrête vite en voyant que la place est prise. Il traverse donc le wagon pour pouvoir changer au prochain arrêt et se trouver
tout près du wagon suivant. De là, il regarde un temps l'homme jouer, il lui fait un clin d'oeil et puis, juste avant de descendre, il va donner une pièce au musicien avant de partir faire la
manche dans le wagon suivant... Je ne sais pas pourquoi mais cette scène m'a retourné. Solidarité ? pitié pour un homme plus âgé alors que nous-mêmes n'avons pas pitié ? Etrange sensation pour moi
en tous cas...Mardi matin, frais et dispos ou à peu près, je pars vers le Metropolitan Opera. J'arrive assez tôt, un peu avant 9h. Il n'y a qu'une demi-douzaine de personnes devant moi. Après une heure de queue, les guichets ouvrent et j'ai rapidement ma place debout pour Rusalka. Je reste donc dans le même quartier, Upper West Side. Je demande à des policiers sur Lincoln Square s'ils connaissent le Riverside Park, mais non et ils me renverraient bien vers Central Park. Non, moi c'est Riverside que je cherche et apparemment ce n'est pas très connu. J'arrive dans ce parc qui longe l'Hudson River : d'un côté les buildings, de l'autre le clapotis de l'eau. Je longe un temps les quais et suis surpris par le calme environnant. Déjà quelques écureils, comme une promesse de Central Park. Puis je me promène dans ce quartier pour voir quelques immeubles fameux, Dakota, Dorlington, Ansonia.
Je trouve cette ville incroyablement belle, des buildings anciens travaillés aux plus futuristes. Même le métro est mignon !
(photo ci-dessous) Je passe au National Museum of Natural History, le temps de m'assurer que la
dernière heure est gratuite, afin d'y revenir à « four fourty five ». Je rejoins ensuite la Columbia Avenue, très chouette car finalement plus typique que les avenues plus centrales,
bordée de nombreux petits commerces sympathiques. Je veux déjeûner à la Colombus Bakery tant vantée par le guide mais, le temps de me demander si c'est moi qui ne sait pas me repérer dans une
ville où c'est si simple (il suffit de se baser sur les intersections Xème avenue Xème rue), je dois me rendre à l'évidence, la Colombus Bakery a disparu ! Je mange donc dans l'établissement
qui la remplace et qui répond au doux nom de « Pinch », pour un prix imbattable. Cf. photo : à noter que l'énorme salade que vous voyez est une « half salad » et qu'il
existe deux tailles au-dessus...
Me voilà prêt à redescendre l'Avenue Central Park West
pour visiter Central Park... Le temps de faire trois pas et un homme m'aborde et me propose de m'aider. « Why not ? » réponds-je dans mon accent à couper au couteau et je suis
Rance qui aime faire découvrir sa ville. Il me montre tout, me propose de me prendre en photo - oui ,c'est très important pour mon ego car comme je visite seul, je n'aurais pas eu de photo de
moi ;-). En haut du Belvedere Castle nous parlons de Wagner, à Ramble où se donnent rendez-vous les amateurs d'oiseaux de Bel Canto. Nous nous
« fâchons » sur Bellini mais nous réconcilions sur Norma... Photo pour Amadis de la fontaine Bethesda et nous continuons à silloner Central Park. C'est une chance pour moi de
faire cette jolie rencontre, de pouvoir parler Américain pendant trois heures et de lui demander, en tant que noir américain, ce qu'il pense de l'élection d'Obama. Puis il me fait visiter
quelques buildings autour de Colombus Circle afin de découvir une superbe vue sur Central Park et les buildings. Il est temps pour moi de remonter vers mon musée. Je me gèle dehors en attendant
4:45 puis le visite au pas de course parce que je suis fatigué et parce que voir en quelque sorte des hommes en vitrine me déprime grave. Je rentre me reposer avant de repartir vers l'opéra voir
Rusalka avec la diva Renée Fleming, qui est ce soir magnifique...
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