Dimanche 28 février 2010
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20:00

"Nicolas, mais quand est-ce qu'on te verra sans ton éternel sac-à-dos ?"
Un de mes amis me lançait cette question il y a quelques mois, et un autre renchérissait plus récemment en ironisant sur mon inséparable sac. Il faut donc que je le présente. Sac à dos marron, de
marque Eastpak. Un classique. Date de l'année de licence. Remplace un précédent, en tous points identique, mais beige et qui datait de la 4ème. Non, je n'ai pas d'action chez Eastpak mais je suis bien obligé de souligner ici l'exceptionnelle qualité de ces sacs. Et j'avoue qu'il ne me quitte
jamais. Sortir sans me perturbe, j'ai l'impression d'avoir forcément oublié un élément de mon kit de survie. Alors, évidemment, sur un costume, ça fait un peu tâche. Il faut donc remplir ses
poches. Mais portefeuille + portable + clefs, c'est déjà trop lourd pour des poches de pantalon de costume. Heureusement, me direz-vous, je ne porte presque
jamais le costume. Mais, même bien habillé - ce qui là aussi est assez rare - j'inflige à la vue délicate de mes amis ce sac, toujours le même et un peu trop sport lorsque les gens sont classe.
Cela me donne une petite touche de "non, je n'ai pas encore tout à fait quitté l'enfance" et finalement, j'aime bien. A l'opéra ou n'importe où ailleurs, mon sac est là, calé entre mes deux
jambes. Mais il faut dire qu'il contient toute ma vie ! papiers, PC, téléphone, clefs et ma fortune ! et puis tout ce qui peut servir, et
bien sûr tout ce qui ne sert à rien, rôle, livre, tickets de caisse, anthologie de la poésie française, agenda, écouteurs, etc. Finalement, j'aime assez
l'idée selon laquelle tout ce qui m'est strictement nécessaire pourrait tenir dans un sac. Quand j'ai quitté, bon gré, mal gré, Montpellier, je n'avais que ce sac. Il devrait déjà être canonisé
pour n'avoir pas craqué alors que j'y serrais tout ce qui pouvait être important pour moi.
L'astrologie me semblait, enfant, exotique et amusante. J'étais très fier d'être né sous le signe des poissons et demandait à ceux qui m'entouraient sous quel signe
ils étaient nés. Une de mes grand-mères a vécu en Algérie. Puis, quand ses parents sont morts, elle et son grand frère ont été trimbalés de chez cousins en cousins, qui se refilaient d'assez
mauvaise grâce les deux orphelins dont il fallait bien s'occuper. Alors, à ma question sur son signe, elle avait répondu : "eh bien moi, je suis née sous le signe du sac à dos". Cette réponse
m'avait fortement marqué et intérieurement je la plaignais. Autour de moi tout était stable et je n'imaginais pas qu'une douzaine d'années plus tard, j'allais (hérédité?) plus me reconnaître dans
le signe du sac à dos que dans celui des poissons.
Ne jamais savoir où l'on sera demain. Comme la machine des études qui s'emballe après le bac, le mouvement s'emballait : 34000, 75005, 75015, 75012, sans compter
quelques toits de fortune ici et là. Et demain ?
Passer d'une existence montpelliéraine bourgeoise et cossue à une vie parisienne convulsive et incertaine m'aura au moins appris à me détacher des biens matériels.
Rien ne m'énerve plus aujourd'hui que voir quelqu'un se plaindre que son livre est corné ou son vêtement froissé. Ma grande bibliothèque d'enfant est
désormais bien loin, seuls quelques livres se battent en duel sur mon étagère actuelle. Le reste de ma maigre culture est composé de quelques bribes de poèmes que je sais encore par coeur et
tout le reste, je sais où le trouver, à quel étage, à quel rayon, de la bibliothèque dès que j'en ai besoin.
Ainsi débarassé de toute attache trop contraignante, je peux me dire aujourd'hui que mes biens tiennent dans un sac à dos (et les biens immatériels dans mon coeur
et dans ma tête) et que si je dois partir demain (à NY ? qui a fait cette suggestion ?) n'importe où, en une heure ma valise est prête. Le signe du sac à dos est finalement peut-être celui de la
liberté, au contraire des lourdes contraintes du confort.
Et cela répondra donc peut-être à vos questions ou à votre étonnement sur mon éternel sac-à-dos marron...
Par Nicolas
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Publié dans : Chroniques
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Vendredi 19 juin 2009
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10:25
Par Nicolas
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Publié dans : Théâtre
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Dimanche 29 mars 2009
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18:37
Un samedi comme un autre, hier, j'allais à la boulangerie où je travaille. Mais cette fois, j'ai envie de retranscrire ici deux sensations.
La première, c'est celle d'un enfant venu acheter quelque chose, je ne sais plus quoi,
sûrement des baguettes. Il me demande ce qu'il veut et me tend sa pièce de deux euros. Elle était très chaude. Je le sers et il s'en va. Mais la chaleur de cette pièce m'évoque de nombreux
souvenirs un peu confus. Une sensation plus qu'un souvenir. Celle de cette pièce que nous donne un parent quand on est petit pour aller acheter des bonbons ou une chocolatine, celle que l'on serre,
très fort, très très fort entre nos doigts tant on a peur de la perdre ou peut-être même de se la faire prendre ! Adulte, ce n'est plus pareil, la pièce est dans le portefeuille et si on la perd,
on en a d'autres et au pire, il y a les distributeurs de billets. Enfant, on n'a pas l'habitude de porter sur soi de l'argent et cette pièce est un talisman que l'on échangera contre quelque chose
de bon, quelque chose de festif car qui ne rentre pas dans le menu du midi ou du soir, quelque chose de sucré, plus ou moins interdit, et, quand obtenu, vu comme une faveur, une récompense... Et
c'est pour cela que nous serrions si fort notre pièce entre nos doigts, et que celle de cet enfant me rappelle celles qui furent les miennes, quand, en vacances, il pouvait arriver que nous
eussions le droit d'aller seuls à la boulangerie...
La deuxième, c'est dans le métro du retour. Une femme fait la manche, puis un peu plus
tard, un homme assez âgé vient faire de la musique aussi pour faire la manche. A peine avait-il commencé à jouer qu'à l'arrêt suivant un autre homme un peu plus jeune entre dans le wagon pour faire
la manche et commence à nous haranguer : "Mesdames, messieurs..." mais s'arrête vite en voyant que la place est prise. Il traverse donc le wagon pour pouvoir changer au prochain arrêt et se trouver
tout près du wagon suivant. De là, il regarde un temps l'homme jouer, il lui fait un clin d'oeil et puis, juste avant de descendre, il va donner une pièce au musicien avant de partir faire la
manche dans le wagon suivant... Je ne sais pas pourquoi mais cette scène m'a retourné. Solidarité ? pitié pour un homme plus âgé alors que nous-mêmes n'avons pas pitié ? Etrange sensation pour moi
en tous cas...
Photo : La Charité, grand portail de Notre-Dame de Paris.
Par Nicolas
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Publié dans : Chroniques
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Jeudi 26 mars 2009
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/2009
21:00
Ce matin-là, je décide de visiter Chelsea et commence par le fameux Chelsea Hotel... Il est plutôt moche, rien d'impérissable si ce n'est que je fais rapidement ma
petite photo, parce que Piaf y est descendue. Je continue la 23ème rue pour arriver au Chelsea Art Museum que je suis impatient de découvrir. Il est dix heures et des poussières et le musée ouvre à
11h... Le tour de la librairie n'occupera pas une heure, même j'aimerais m'en convaincre. C'est l'occasion de me demander ce qui peut être connu ici en matière d'art français. Bettina Rheims,
Sophie Calle, Pierre et Gilles. Bon, les classiques quoi. Mais trois dans cette petite boutique, ce n'est pas si mal. Je ressors dans le froid et là petit moment de déprime : je n'ai rien à faire,
et par définition rien n'est ouvert tôt dans un quartier branché... Je pense donc à ma vie et peine à lui trouver le moindre petit intérêt. Je finis par trouver une cafétéria qui me semble plus ou
moins glauque mais j'ai besoin de café ! En fait, rien de glauque, c'est la cafétéria un rien kitsh, la vraie, typique des films américains - j'adore, du vrai café américain, du jus de chaussettes,
moi qui déteste les cafés italiens si serrés qui vous donnent des palpitations, avec plein de bon gros lait et un bon gros cookie et le serveur qui vient reremplir votre mug, hum... l'Amérique a du
bon ! Je me prépare donc mentalement à repartir vers le musée en me disant que ça va être hyper contemporain et conceptuel, que je ne vais rien comprendre et tomber en pleine masturbation
intellectuelle. En traversant l'avenue (au feu clignotant rouge, en bon New-Yorkais), je me dis que si je suis ridicule, au moins je le reconnais et ai de l'autodérision, puisque je ne renonce pas
à visiter ce musée seulement pour ne pas faillir à ma réputation (très largement usurpée par ailleurs) de bobo-intello-gaucho toujours au fait d'art contemporain et autre happenings. Je
pousse la porte et là... révélation ! Je découvre une première expo passionnante, consacrée aux femmes et à la guerre. Rien de larmoyant mais pour la plupart des travaux passionnants et évocateurs.
Après l'avoir visitée de fond en comble, je m'encquiers auprès du gardien pour savoir si je peux faire des photos. "Without flash" : je remonte donc au vestiaire, récupère mon appareil photo et mon
portefeuille pour acheter une carte. Je refais l'expo et mitraille. Puis je passe dans une autre expo, "Imaginalis", pas mal. A l'étage supérieur, "Time, Motion and Surprise : the kinetic universe
of Pol Bury". Je découvre cet artiste belge qui a donné des sculptures "cinétiques" (en mouvement), un univers plein d'humour. Au troisième niveau, "The empty space - Jean Miotte in the 1970's".
Troisième découverte de la journée, décidément ce Chelsea Art Museum est sublime ;) L'expo illustre le passage de Miotte à l'acrylique en 1971, ce qui induit (l'acrylique séchant plus vite), plus
de mouvement et un travail sur les surfaces laissées vides.
article à finir...
Par Nicolas
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Jeudi 26 mars 2009
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20:42
Voilà, j'ai beau m'être régalé à New-York, je suis heureux d'être là, et oui, même si le train-train et le boulot reprennent. C'est si bon de "revoir Paris, retrouver ses amis"... Je vous aiiiime
!!! ;)
On apprécie une telle déclaration, on la savoure, car je n'en fais pas de telles tous les jours !
Par Nicolas
-
Publié dans : Musique !
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